"Chez les heureux du monde" de Edith Wharton, une satire terrible de la haute société new yorkaise du début du 20ème siècle

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J'ai découvert Edith Wharton par hasard et j'ai tout de suite été intriguée puisqu'on la présente souvent comme la Henry James américaine, dont elle était d'ailleurs l'amie. Edith Wharton s'est notamment illustrée en étant la première femme à obtenir le Prix Pullitzer pour le "Temps de l'innocence" en 1921.

"Chez les heureux du monde" est son premier roman daté de 1905 et traite, comme beaucoup de romans de cette époque, d'une jeune fille "à marier", Lily Bart, âgée de 29 ans, qui navigue au sein de la haute société new yorkaise. La particularité de Lily est cependant que, malgré le milieu qu'elle fréquente, elle est issue d'une famille modeste. Et c'est son absence de fortune personnelle qui va être le départ de ses ennuis. Ses parents sont décédés et elle est vaguement chaperonnée par sa tante qui est censée lui léguer l'intégralité de sa fortune à sa mort. Dans cette attente, et afin de pourvoir à ses dépenses personnelles (consistant principalement en l'achat de robes et chapeaux), Lily confie son argent au mari de l'une de ses amies afin que celui-ci le fasse fructifier en bourse. Et cet acte constitue le début de ses ennuis car elle devient redevable de quelqu'un. S'ensuit une spirale infernale au terme de laquelle elle finit par être bannie par ses amis et par cette haute société dont elle est un membre assidu. Mille fois Lily a la possibilité de se marier avec un riche jeune homme voire de faire cesser les terribles rumeurs qui circulent sur son compte et pourtant, elle préfère rester honnête, décline les rares aides qui lui sont proposées, et ne cherche pas à se venger. 

"Chez les heureux du monde" est un roman fin qui dresse une satire terrible de la haute société new yorkaise du début du 20ème siècle. Lily Bart est jeune, très belle, et pleinement intégrée dans ce milieu malgré son origine modeste. Tout devrait lui sourire et pourtant son appétit pour l'argent, le luxe et un train de vie aisé causeront sa perte. Sa chute est terrible, et cela est bouleversant car malgré son goût du luxe, Lily est un personnage attachant. Elle est seule dans la vie et cherche à s'en sortir. Mais cela nécessite des concessions qu'elle n'a pas été prête à faire. 

L'écriture de Edith Wharton me fait largement penser à celle de Henry James. A l'instar de ce dernier, la majorité de l'action se passe dans la tête des personnages. Edith Wharton nous fait entrer dans la conscience de ceux-ci et c'est l'exploration de ces monologues intérieurs qui fait la richesse de ce roman, que je recommande donc fortement !

Si vous avez raté le début : La première scène se déroule dans la Grande Station centrale, Selden, un jeune avocat, vient d'apercevoir dans la foule, Lily Bart qui a l'air indécise. Selden est toujours curieux de Lily et passe devant elle pour voir si elle va l'arrêter, chose qu'elle fait. Lily va chez des amis, les Trenor, à Bellomont mais vient de rater le train. Elle va donc profiter de sa rencontre avec Selden pour passer le temps jusqu'au prochain départ.

Références : "Chez les heureux du monde" de Edith Wharton, Editions Archipoche




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